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Le site de la CNT87
Contre le démantèlement du service public d'accueil de la petite enfance PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mat   
Mardi, 04 Mai 2010 07:34

Après plusieurs journées d’action et de grève nationale dans le secteur de la petite enfance, le gouvernement reste sourd aux revendications des professionnel-le-s. Voici maintenant plusieurs années que la casse du service public d’accueil des jeunes enfants s’accélère. Les réformes et décrets ne visent qu’à améliorer la "productivité" des établissements aux dépens de la qualité du service d’accueil et des conditions de travail des salarié-e-s.Parallèlement à ces politiques, c’est tout l’univers de la petite enfance qui est attaqué. Par exemple, suite aux fermetures de classes en école maternelle découlant des dizaines de milliers de suppressions de postes depuis dix ans, des enfants se retrouvent chaque année sans lieux d’accueil à la rentrée.

Concrètement, afin de subvenir aux besoins d’accueil des enfants, l’état plutôt que de choisir de développer les capacités d’accueil en augmentant le personnel, en diminuant le temps de travail pour favoriser la qualité du service, en favorisant l’accès à la formation, choisit la politique la plus destructrice :

• L’augmentation de la capacité d’accueil des assistantes maternelles de 3 à 4 enfants, donc plus de charge pour le personnel et moins d’attention pour les enfants

• Même logique dans la création de regroupements d’assistantes maternelles pouvant accueillir jusqu’à 16 enfants sans aucune règle collective de fonctionnement

• Enfin la création expérimentale de 8000 places de jardins d’éveil d’ici 2012 pour les enfants de deux à trois ans, prévoyant un taux d’encadrement d’un adulte pour 8 à 12 enfants au lieu d’un pour 8 enfants en âge de marcher actuellement pratiqué dans les crèches

Les conséquences :

• Pour le personnel, des conditions de travail plus difficiles, la diminution des professionnel-le-s qualifié-e-s, une perte de sens dans la pratique de leur profession, une quête de la rentabilité toujours plus poussée.

• Pour les enfants, un environnement moins dédié à l’épanouissement et l’éveil car les établissements n’auront pour ambition que d’être de simples garderies de masse. Souvenons nous des propos du ministre Darcos considérant les enseignants de maternelle comme de simples « changeurs de couches ». Enfin cette politique provoque une augmentation des risques liés à la diminution du taux d’encadrement.

• Pour les parents, la baisse du taux de scolarisation aboutira à la nécessité de recourir plus fréquemment aux établissements d’accueil de jeunes enfants, les privant ainsi d’une possibilité de choix, augmentant leurs dépenses et favorisant de fait les inégalités sociales. Les familles les plus aisées seront donc les seules à pouvoir offrir à leurs enfants un service de qualité. La Fédération CNT des travailleur-se-s de la santé et du social dénonce les politiques mises en oeuvre par le gouvernement. Une nouvelle fois, ce n’est pas la qualité du service public et les conditions de travail des personnels qui sont défendues mais la seule volonté de rentabiliser le secteur. Pourtant, depuis longtemps, nous savons que pour les enfants, l’essentiel se joue avant cinq ans. Cette politique s’attaquant aux crèches comme aux écoles, nous estimons indispensable de s’organiser conjointement entre parents, professionnel-le-s de la petite enfance et enseignant-e-s.

La CNT, signataire de l’appel "pas de bébés à la consigne"*, se joint à ses revendications et soutient partout les mouvements des travailleuses et des travailleurs des établissements d’accueil des jeunes enfants dans la défense de leurs emplois, de leurs sites, de leurs conditions de travail et de leurs pratiques professionnelles. Le projet du gouvernement est d’ouvrir le marché aux entreprises privées dont les objectifs sont loin de l’épanouissement des enfants, mais plutôt de réaliser des profits sur le dos des salarié-e-s sous payé-e-s et précarisé-e-s.

* http://www.pasdebebesalaconsigne.com/

La Fédération CNT des travailleurs de la santé et du social appelle à la grève et à manifester le jeudi 6 mai. Rendez-vous à 10H devant la préfecture de LIMOGES.

Féderation CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales 33 rue des Vignoles - 75020 Paris Tel : 06 28 33 42 43 Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Site :http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/

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Mise à jour le Mardi, 04 Mai 2010 07:34
 
Origines du 1er Mai PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mmat   
Samedi, 01 Mai 2010 18:06

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de huit heures. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

Aux origines du 1er mai

Fondée en 1881, l’ancêtre directe de l’AFL [1], la FOTLU [2] ne regroupe que les ouvriers qualifiés (des hommes, blancs et américains de souche) et ne compte que 50 000 adhérents. Mais lors d’un congrès elle décide de mettre au premier plan de ses revendications la journée de huit heures et de retenir la date du 1er mai 1886 pour une manifestation de masse. Commence alors une immense campagne de propagande qui renforce l’organisation. Dès avril 1886, quelques entreprises accordent même à leurs salariés la journée de huit heures sans diminution de salaire : 200 000 travailleurs environ bénéficièrent d’une réduction de travail. En 1886, les Chevaliers du Travail (fondé en 1868 avec de fortes références maçonniques [3]) rassemble tous les travailleurs au niveau d’une localité, Blancs et Noirs, femmes et hommes, Américains de « souche » et immigrants : ouvriers qualifiés et non, ils représentent plus de 700 000 adhérents. Les adhérents de l’Ordre jouèrent le rôle principal dans la grève du 1er mai 1886, bien que la direction de l’Ordre l’ait condamnée. Les responsables et les militants des Chevaliers du Travail furent les principales victimes de la répression après le massacre de Haymarket, bien que la direction de l’Ordre ait refusé d’intervenir en faveur des condamnés de Chicago. Les Chevaliers du Travail allaient par la suite rapidement péricliter.

L’initiative des ouvriers américains n’aurait eu qu’un faible retentissement dans le pays et à l’étranger sans les événements tragiques de Chicago qui émurent le monde entier.Sûrs de l’impunité, les milices patronales provoquaient des incidents sanglants. Le 3 mai, des ouvriers qui manife devant l’usine de machines agricoles Mac Cormick, à Chicago sont tirés à bout portant par des détectives privés, la bataille qui s’engage fait de nombreuses victimes. Les grévistes sont principalement d’origine allemande et, dans leur journal « Arbeiter Zeitung » (Journal des Travailleurs) paraît l’appel suivant : « Esclaves, debout ! La guerre de classes est commencée. Des ouvriers ont été fusillés hier devant l’établissement Mac Cormick. Leur sang crie vengeance. Le doute n’est plus possible. Les bêtes fauves qui nous gouvernent sont avides du sang des travailleurs, mais les travailleurs ne sont pas du bétail d’abattoir. A la terreur blanche, ils répondront par la terreur rouge. Mieux vaut mourir que de vivre dans la misère. Puisqu’on nous mitraille, répondons de manière que nos maîtres en gardent longtemps le souvenir. La situation nous fait un devoir de prendre les armes. »

Dans la soirée du 4 mai, plus de 15 000 ouvriers se rendent sur la place au foin (Haymarket) pour y manifester pacifiquement (il leur avait été commandé de s’y rendre sans armes). Des discours sont prononcés, notamment par Spies, Parsons, Fielden. La foule se retire, quand une centaine de gardes nationaux charge avec violence. Une bombe, lancée on ne sait d’où, tombe au milieu des forces de police en tuant sept et en blessant grièvement une soixantaine. Les autorités procède à des arrestations parmi les meneurs de grévistes et les rédacteurs de l’« Arbeiter Zeintung » : Auguste Spies, né à Hesse (Allemagne), en 1855 ; Samuel Fielden, sujet anglais, né en 1846 ; Oscar Neebe, né à Philadelphie, en 1846 ; Michel Schwab, né à Mannhelm (Allemagne), en 1853 ; Louis Lingg, né en Allemagne, en 1864 ; Adolphe Fischer, né en Allemagne, en 1856 ; Georges Engel, né en Allemagne, en 1835 ; Albert Parsons, Américain, né en 1847.Le verdict est rendu le 17 mai. Les huit accusés sont condamnés à être pendus. Une mesure de grâce intervint pour Schwab et Fielden, dont la peine est commuée en prison à perpétuité, et de Neebe dont la peine est réduite à quinze ans de prison. Le 11 novembre 1887, les autres sont exécutés, mis à part Lingg qui s’est suicidé.

Six ans plus tard, un nouveau gouverneur de l’Illinois John Altgeld, conclut à l’entière innocence des condamnés : « Une telle férocité n’a pas de précédent dans l’histoire. Je considère comme un devoir dans ces circonstances et pour les raisons ci-dessus exposées, d’agir conformément à ces conclusions et j’ordonne aujourd’hui, 26 juin 1893, qu’on mette en liberté sans condition Samuel Fielden, Oscar Neebe et Michel Schwab ». Spies, Lingg, Engel, Fischer et Parsons sont réhabilités.L’idée américaine est reprise par les travailleurs des autres pays. En 1889, à Paris, lors d’un congrès international, une proposition demandant « l’organisation d’une grande manifestation internationale en faveur de la réduction des heures de travail qui serait faite à une date fixe, la même pour tous » est adoptée et la date en est celle choisie par les travailleurs américains. Le 1er mai prend alors dans le monde entier la signification d’une journée de revendication des travailleurs face à la société capitaliste.

OLT

La BD est parue dans La Brique n°13 - avril 2009. http://www.labrique.net

Lire aussi sur le sujet Retour sur l’histoire du 1er mai sur le site Hérodote.

- [1] American Federation of Labor (Fédération Américaine du Travail - AFL).
- [2] Fédération des Métiers Organisés et des Syndicats de Travailleurs.
- [3] Le Noble and Holy Order of the Knights of Labor (Noble et saint ordre des chevaliers du travail).

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