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Le site de la CNT87
Centenaire de l'affaire Durand PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mat   
Mardi, 03 Août 2010 11:29

Affaire Jules Durand/Affaire Quinot d’Emile Danoën "L’Affaire Durand" à lire absolument : en vente 6 euros aux Editions CNT-RP, 33, Rue des Vignoles.

L’Affaire Durand

En pleine grève des ouvriers charbonniers au Havre, le 9 septembre 1910, en soirée, une bagarre d’ivrognes sur le port se termine par la mort de Louis Dongé ,un chef de bordée non-gréviste.

Les journaux réactionnaires comme « Le Temps », « Le Matin », « Les Débats »… sur le plan national, « Le Havre-Eclair » et « Le Petit Havre » sur le plan local font grand bruit autour du décès de Dongé au travers de récits tendancieux basés sur des enquêtes sommaires et partiales. Les journalistes aux ordres essaient de transformer un incident regrettable survenu au cours d’une rixe entre ivrognes en une exécution concertée en imputant donc la responsabilité de cette mort à des militants ouvriers. On sent s’organiser une campagne anti-ouvrière afin de durcir la législation en vigueur en une législation encore plus oppressive contre ceux qui refusent l’exploitation capitaliste. La chasse aux militants syndicalistes est ouverte en orchestrant une campagne sur le thème d’un assassinat syndical…

La bagarre

Le vendredi 9 septembre, vers neuf heures du soir, Dongé rencontre sur le quai d’Orléans des ouvriers charbonniers en grève : Couillandre, Mathien, Lefrançois, un quatrième individu et leur propose de prendre un verre au bistrot. Un refus catégorique lui est alors opposé ; Dongé se met en colère et sort un révolver en menaçant ses interlocuteurs. La situation dégénère rapidement entre les protagonistes de cette dispute, toutes ces personnes étant sous l’emprise de l’alcool. Dongé est désarmé, frappé à coups de pieds et ses agresseurs le laissent sur place sans connaissance. Transporté le soir même à l’hôpital, il y succombe le lendemain. Les participants à cette rixe sont arrêtés peu après mais leur état d’ivresse est tel qu’ils ne peuvent être interrogés par le chef de la sûreté. Parallèlement le parquet décide d’autres arrestations, celles des responsables du syndicat des charbonniers : Durand et les frères Boyer alors que ceux-ci n’avaient nullement participé à la rixe.

C’est ainsi que débute le long calvaire de Jules Durand. Son histoire fait encore partie de la mémoire collective havraise aujourd’hui.

L’Affaire Quinot : un forfait judiciaire

Pour écrire ce grand roman populaire qu’est « L’Affaire Quinot », Emile Danoën s’est inspiré de la vie de Jules Durand, anarchiste et secrétaire du syndicat des charbonniers au Havre en juillet 1910. Danoën retrace dans ce roman les principales étapes d’une odieuse machination qui s’inscrit dans le contexte d’une farouche répression du mouvement syndical. Une simple rixe entre ivrognes se soldant par la mort d’un chef de bordée « jaune » se transforme en un « crime syndical » avec préméditation…L’auteur nous délivre le meilleur roman historique jamais écrit sur « L’Affaire Durand ». Mais ce qui fait la grandeur de ce livre, outre la véracité des faits relatés, c’est le style de l’écrivain tout emprunt de cette sève ouvrière aux accents des travailleurs portuaires. Il y a dans ce récit émouvant et authentique la faconde des dockers, la pugnacité des militants contre l’injustice mais aussi de la désillusion et de la révolte (va paraître en septembre).

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Mise à jour le Vendredi, 20 Août 2010 15:04
 
Vague de reperession antisyndicale à la Cinémathèque ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mat   
Vendredi, 18 Juin 2010 07:02

Une vague de répression antisyndicale sans précédent s’abat sur la section CNT de la Cinémathèque Française. Depuis 2003, 3 militants CNT ont été soit licenciés, soit poussés à un départ négocié. En quelques mois, quatre salariés militants syndicaux (3 CNT et 1 CGT) ont été sanctionnés pour des motifs futiles voire inexistants. Mais cette fois la Direction va plus loin. Elle a entamé une procédure de licenciement à l’encontre de la déléguée syndicale CNT également élue au CE.

Majoritaire aux dernières élections professionnelles (10 élus sur 22 sièges à pourvoir) la CNT, avec le soutien et la participation des salariés, a réussi à s’opposer à de nombreuses tentatives de régression sociale de la part de la Direction : remise en cause de la Mutuelle d’entreprise, remise en cause de l’ancienneté, réorganisations de services tous azimuts, interdiction faite aux syndicats de pouvoir utiliser la messagerie électronique pour communiquer. La CNT a assigné la Direction de la Cinémathèque au tribunal pour la signature illicite avec les anciens secrétaires du Comité d’entreprise d’une convention modifiant à la baisse des garanties du régime mutuelle sans avoir informé les organisations syndicales qui sont pourtant les seules habilités à signer ce type d’accord comme le prévoit les textes en vigueurs. Le procès est actuellement en cours.

De son côté, la Direction a assigné le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), qui avait demandé une expertise sur les risques psycho sociaux graves…. La décision du tribunal sera rendue le 22 juin prochain. Au cas où le tribunal rendrait un avis favorable au CHSCT, celui ci aurait toute latitude pour enquêter notamment sur le dossier à charge monté par la Direction, accusant notre camarade de harcèlement et d’insubordination dans son service, alors que c’est elle qui est victime de placardisation, de harcèlement moral et de discrimination syndicale. La CNT soutenant le CHSCT dans son action, on peut concevoir l’intérêt que porte la direction à écarter la CNT du paysage syndical local.

La Direction a donc décidé d’éliminer une organisation syndicale beaucoup trop remuante à son goût et qui ne fait que son travail : défendre les salariés et faire respecter la convention d’entreprise.

Actuellement nous ne pouvons compter que sur le secours de la CGT Cinémathèque pour travailler en intersyndicale. Dans ces moments difficiles, nous en appelons donc à la solidarité des salariés de la Cinémathèque, bien sûr, mais aussi à la solidarité interprofessionnelle. Nous ne lâcherons rien ! Un coup porté contre l’un de nous, est un coup porté à tous.

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