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Le site de la CNT87
Espagne 1910-2010. Cent ans d'anarcho-syndicalisme ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mat   
Lundi, 22 Février 2010 19:19

Depuis cent ans maintenant le courage et la rébellion d’une poignée de femmes et d’hommes ont fait que le monde commence à changer de base. Conscients que l’émancipation des travailleurs femmes et hommes ne pourrait être réalisés que par l’action directe des travailleurs eux-mêmes, les exploités de toutes conditions et de tous métiers ont décidé de s’organiser de façon autonome en tant que personnes libres et d’assumer le destin de leurs vies en communauté en marge des maîtres, des gouvernements et des superstitions.

C’est ainsi qu’est né le mouvement anarcho-syndicaliste espagnol avec les sigles historiques de la Confederación générale du travail et de la Confederación nationale du travail, inspiré des principes qui ont dynamisé la première Internationale des travailleurs, l’expression la plus démocratique, humaniste et révolutionnaire d’autodétermination politique et sociale que les temps modernes aient connue.

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Et l’expérience a démontré que ce sont ces sigles et ces idéaux anti- autoritaires qui ont entraîné les transformations sociales les plus importantes et les plus ambitieuses de l’histoire. En refusant la culture de soumission prônée par les classes dirigeantes, les oligarchies et l’Eglise, en combattant sur le terrain l’intolérance de la bourgeoisie prédatrice, en prêchant par l’exemple de la solidarité et en disputant point par point au totalitarisme armés les conquêtes obtenues par tant de sacrifice. En avance sur leur temps et pionniers dans la dénonciation des injustices, les anarcho-syndicalistes ont arraché aux griffes du capital la journée de travail de 8 heures et leur lutte fraternelle a réussi après des siècles d’humiliations à obtenir des conditions sociales égalitaires pour les femmes.

Les anarcho-syndicalistes ont apporté leur idéal de révolution sociale entière, intégrale et libertaire dans le monde, et tout spécialement en Amérique Latine, devenue depuis le second foyer de cet héroïque prolétariat militant. C’est également la résistance libertaire qui dans un premier moment critique a freiné aussitôt l’attaque criminelle des troupes mercenaires fascistes appelés par la dictature franquiste pour soumettre le peuple espagnol et punir son insolence révolutionnaire.

Aujourd’hui encore, la révolution espagnole de 1936-1939 stupéfait le monde et il existe une prise en compte universelle de cette épopée populaire comme jalon historique.En Espagne au contraire, sur le lieu même de cette confrontation inégale, l’esprit revanchard et l’absence de mémoire complice continuent à sous estimer le leg éthique de ces camarades qui portaient un monde nouveau dans leurs cœurs.

C’est pourquoi aujourd’hui, pour le centenaire de cette flamme qui éclaire encore le sentier fécond de la liberté et de la solidarité, nous, anarcho-syndicalistes, syndicalistes révolutionnaires nous reprenons notre appel à dénoncer les menaces nouvelles et insoupçonnées, mettant en danger l’existence de la planète et de notre dignité.Et nous affirmons notre foi dans l’humanité des travailleurs et dans la défaite finale de la barbarie capitaliste et de ses représentants.

Dans ce début du XXI siècle, convaincus que la patrie des opprimés est le monde et que leur famille est l’humanité, nous, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, d’Espagne et d’ailleurs, métis, nous brandissons l’insoumission, la paix et la parole pour briser les chaînes récentes et invisibles de la servitude volontaire. Alors que tout dans les hautes sphères conspire pour étouffer les cris contre l’injustice en place, nous affirmons en tant qu’anarcho-syndicalistes, syndicalistes révolutionnaires, communistes libertaires, anticapitalistes et anti-autoritaires, comme dépositaires de l’authentique démocratie d’action directe, que nous sommes le peuple et sa rébellion infinie, et nous reconnaissons l’immense dette due aux générations qui nous ont précédés dans la lutte pour la liberté, la justice et la dignité.

Parce que quand tout le peuple gouverne, comme le souhaite l’idéal de la véritable démocratie, personne ne commande.

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Mise à jour le Lundi, 22 Février 2010 20:41
 
Des coopératives comme outils pédagogiques, formateurs et éducatifs. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pti'Mat   
Jeudi, 18 Février 2010 19:24

Suite à la récente création d'une commission coopérative à la CNT, de plusieures initiatives coopératives en France ainsi qu'une initiative similaire localement de notre syndicat, voici un article expliquant la coopérative. De la Commune, en passant par les maquis du Jura, ou pendant la guerre d'Espagne, les coopératives regroupant ouvriers-ères, paysan(ne)s et artisan(ne)s ont joué un rôle important dans le mouvement ouvrier. Elles sont aujourd'hui un espoir pour une alternative à la société libérale et pour un monde meilleur.


"L'histoire de la coopérative se lie intimement à celle du socialisme"
(congrès international des associations ouvrières de production, Paris 1900)


 La coopération: une association économique


Du point de vue de sa nature, la coopération est une des formes de l'association, sachant que chez Marx le syndicalisme relève de l'associationnisme ouvrier. Le coopératisme est donc une association purement économique, société par actions dont l'objectif (partiellement partagé avec le syndicat) est l'amélioration des conditions de vie et d'existence. Cette structure économique se constitue pour obtenir une amélioration auniveau du travail (coopérative de production). Sur le plan de la production, le regroupement de coopération permet d'instaurer une nouvelle forme d'organisation du travail: salaires égalitaires, rotation sur le spostes pénibles, décisions collective; du point de vue de la production, l'association a un double but: élargir le marché à une échelle supérieure aux potentialités d'un marchand isolé et éviter la surproduction.


La coopérative d'un point de vu de classe.


Au contraire de la coopérative bourgeoise qui favorise un partage mécanique des trop-perçus entre les sociétaires au prorata de la consommation effectuée, la coopérative se situant dans une perspective de classe, révolutionnaire, organise le partage des trop-perçus selon deux axes:

- Une partie des trop-perçus est remise à tous les sociétaires en fonction de la consommation enregistrée à la coopérative.

- L'autre partie alimente des oeuvres collectives agissant pour l'émancipation sociale: caisse de solidarité, de grève, d'éducation ou dons à des syndicats.


L'exemple des Bourses du travail.


Le fondateur-animateur des Bourses du travail, Fernand Pelloutier, concevait la gestion, l'administration de ces locaux par les syndicalistes comme une action d'éducation des travailleurs-euses. La Bourse du travail est une institution ouvrière au sein de la société capitaliste. Elle permet des pratiques d'auto administratio de ses oeuvres (culture, formation, secours ect...) et a une vertue éducative.

De même que, selon Emile Pouget (militant le plus représentatif du mouvement ouvrier français. Son influence fut primordiale, avec celle de Pelloutier, à la fin du XIX° siècle et au début du XX°) les grèves partielles, locales étaient une "gymnastique révolutionnaire" préparatoire, répétition avant la grève générale, pour Pelloutier les Bourses du travail prparaient la classe ouvrière à l'autogestion de la société. Préciser ce point signifie que nous sommes très loin des conceptions romantiques du processus révolutionnaire véhiculées par différents courants spontanéistes ou assembléistes qui rêvent d'un grand soir ultime au terme duquel jaillira une nouvelle société.

Pour le syndicalisme révolutionnaire et l'anarcho-syndicalisme, il existe des taches préparatoires à la révolution et en particulier celle de former les hommes et les femmes qui seront les leviers de ce processus.
Il est évident qu'au-delà des buts immédiats des coopératives, il y a une valeur essentielle dans cette démarche: faire du producteur et du consommateur un acteur conscient. Dans une coopérative de production, le coopérateur n'est plus totalement un travailleur aliéné. Dans une coopérative de consommation, le consommateur n'est plus un client passif, asservi aux grands circuits de la distribution.
Quant au paysan qui rejoint cette démarche collective, il tisse un autre rapport avec ceux et celles auxquels sa production est destinée, sans omettre le fait de se passer des multiples intermédiaires, proxénètes de l'économie.

Pour le syndicalisme, l'intérêt de l'action coopérative est donc essentiel, quand il est possible de voir converger les complémentarités vers une finalité commune: l'émancipation sociale.

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Mise à jour le Jeudi, 18 Février 2010 19:37
 
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